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⚠️ Avec plus de 50 propositions de sessions reçues cette année, le comité a retenu 25 sessions, un nombre de sessions supérieur à la capacité d’organisation qui est de 18 sessions. Certaines seront donc obligatoirement supprimées sur le critère du nombre de contributions reçues. Les contributions de ces sessions seront réaffectées dans d’autres sessions lorsque cela est possible. Cette pré-sélection de sessions ne représente pas le programme définitif.
Comment intégrer la pensée cycle de vie dans la prise de décision ?
Dans la course au net-zéro, la neutralisation des émissions résiduelles devient un enjeu de moyen terme mais à anticiper, avec des options disponibles (élimination technologique, solutions fondées sur la nature, instruments de marché) qui diffèrent fortement en coûts, risques, faisabilité et performances de durabilité. Cette session appelle des contributions plaçant l’ACV au cœur de l’évaluation et de l’arbitrage: comment comparer de façon robuste des solutions ou portefeuilles de neutralisation, et avec quelles hypothèses, frontières de système, horizons temporels, échelles géographiques et scénarios de déploiement? Nous accueillons des travaux mobilisant pratiques d’entreprises, ACV attributionnelle et conséquentionnelle, ACV prospective, dynamique, régionalisées, et territorialisée, ainsi que des approches couplées (ACV–économie, ACV–risques, ACV–analyse multicritère) pour éclairer les compromis sociaux, économiques et financiers, et quantifier les co-bénéfices et les transferts d’impacts (e.g., forçage radiatif, eau, biodiversité, ressources, toxicité, usage des sols). Les contributions pourront aussi traiter des pratiques d’entreprises, de la robustesse des résultats (incertitudes, sensibilité, qualité des données, additionnalité, permanence, fuites, double comptage), et des contraintes de passage à l’échelle (ressources, foncier, énergie, infrastructures, gouvernance) afin de soutenir une prise de décision net-zéro crédible, soutenable et désirable.
À mesure que les organisations augmentent la fréquence et l’ampleur de leurs évaluations environnementales, l’ACV automatisée et les empreintes carbone produit (PCF) deviennent centrales dans le pilotage des stratégies de durabilité des entreprises. Cette évolution s’inscrit dans des tendances plus larges, où l’automatisation, la simplification et le déploiement à grande échelle de l’ACV sont identifiés comme des priorités émergentes.
Tout au long des chaînes de valeur, les entreprises s’appuient désormais sur des sources de données diverses, des niveaux de digitalisation hétérogènes et des données spécifiques fournisseurs, autant d’éléments qui influencent la cohérence et la crédibilité des résultats automatisés. Parallèlement, de nouveaux cadres de référence tels que PACT, Together for Sustainability (TfS) et Catena-X renforcent les exigences en matière de transparence, de comparabilité et de vérifiabilité des PCF cradle-to-gate.
Dans cette session, nous proposons d’explorer les défis opérationnels et les avancées récentes liés à l’application de l’ACV automatisée et à la génération de PCF au sein de chaînes d’approvisionnement complexes. Nous invitons des contributions portant sur des segments spécifiques du cycle de vie produit (matières premières, fabrication de composants, assemblage, logistique, fin de vie), ainsi que des approches plus globales de type cradle-to-cradle.
Les propositions pourront notamment aborder la gestion de la qualité des données, les approches de modélisation simplifiées, les pratiques de vérification compatibles avec un déploiement à grande échelle, ainsi que des retours d’expérience sur l’intégration des indicateurs carbone dans les décisions de conception, d’achats ou dans les interactions avec les clients, dans un contexte d’usage croissant de données ACV en temps réel au sein des organisations.
Le reconditionnement, le remanufacturing et l’intégration de matières recyclées sont devenus des leviers majeurs de l’économie circulaire. Mais leurs bénéfices environnementaux ne sont pas automatiques : ils dépendent des usages, des performances réelles, des hypothèses de réallocation entre première et seconde vie, et du contexte technologique.
Cette session montre, à partir de cas concrets (électroménager reconditionné, batteries remanufacturées, fibre de carbone recyclée), comment l’Analyse du Cycle de Vie permet d’objectiver les gains environnementaux, d’identifier les situations où l’avantage disparaît, et de guider des arbitrages crédibles pour les industriels et leurs clients. Elle mettra également en lumière les principaux défis de mise en œuvre et de communication : allocation des impacts entre cycles de vie, prise en compte des niveaux de performance, influence du type de gisement (chutes industrielles vs post-consommation) et nécessité de pédagogie pour éviter les conclusions simplistes.
L’objectif est de démontrer comment l’ACV peut transformer l’économie circulaire en décisions robustes, tout en clarifiant les limites et conditions de validité des résultats.
La session vise à présenter des travaux de recherche réalisés en collaboration, associant des entreprises, les pouvoirs publics, des centres de recherche et des bureaux d’étude experts, à l’image de ceux produits chez SCORE LCA. Elle sera l’occasion de présenter les derniers résultat des recherches réalisées, en focalisant notamment sur ce que l’association de plusieurs parties prenantes de l’écosystème des ACV permet de réaliser, par exemple la réalisation de cas d’étude spécifiques. Les avancées méthodologiques apportées, et appliquées au sein des cas d’étude, seront présentées au cours de la session. Ces présentations permettront de présenter les conclusions, et potentiellement aux personnes qui ont utilisé les recommandations de ces travaux de montrer comment ils les ont appliquées. Les présentations permettront aussi d’identifier les axes de progrès des normes et recommandations existantes, notamment ISO 14044 et ISO 14067, ainsi que celles qui les appliquent, comme EN 15804+A2. Ces axes de progrès sont destinés à être portés en normalisation, et promus dans les démarches réglementaires en cours (PEF, ESPR, CPR, Green Claim Directive…)
Le déploiement des ACV à grande échelle s’accélère. L’automatisation devient un levier essentiel pour intégrer l’impact carbone dans les décisions industrielles. Mais automatisation n’est pas synonyme de simplification. Produire rapidement des résultats ne garantit ni leur robustesse méthodologique, ni leur comparabilité. Aujourd’hui, des documents issus d’outils automatisés solides se retrouvent parfois mis au même niveau que des approches plus simplifiées ou moins transparentes. Comment distinguer les évaluations fiables ? Comment faire confiance aux données fournisseurs ? Sur quels critères accepter, comparer ou challenger un ACV ? Dans un contexte où les arbitrages portent sur la conception, les achats ou la stratégie produit, la qualité des données et la maîtrise des incertitudes deviennent déterminantes.
L’adaptation au changement climatique est souvent abordée via une gestion du risque, mais la pertinence et l’efficacité des actions d’adaptation gagnent à être évaluées, comparées et optimisées au regard de leurs impacts environnementaux, économiques et sociétaux. Par ailleurs, renforcer la durabilité (longévité) et la résilience des systèmes, matériaux et infrastructures constitue un levier majeur pour conserver les fonctionnalités dans le temps, réduire les coûts (financiers, climatiques et humains) et soutenir la transition vers des modèles plus sobres. Cette session propose une ouverture interdisciplinaire autour de l’intégration de la pensée cycle de vie et des approches de durabilité/résilience, en couvrant : risques physiques sur les sites, chaînes d’approvisionnement, solutions d’adaptation “passives” et “actives”, ainsi que les stratégies de robustesse et d’allongement de la durée de vie. Les contributions sont attendues sur : l’éco-conception des solutions d’adaptation, la maintenance prédictive/proactive, les méthodologies d’évaluation (durabilité intrinsèque/extrinsèque), l’articulation avec la circularité et les évolutions de business modèles (économie de la fonctionnalité). Des exemples concrets, quantifiés et des retours d’expérience (ex. diagnostics d’adaptation) seront particulièrement bienvenus.
Le déploiement de nouveaux modèles économiques — qu’ils soient circulaires, fondés sur l’économie de la fonctionnalité ou coopératifs — s’impose comme une réponse possible aux défis environnementaux contemporains. Ces approches visent à découpler la création de valeur de la consommation de ressources, en intensifiant l’usage des biens. Alors que les pouvoirs publics en font une priorité, il semble pertinent d’en évaluer rigoureusement la performance, notamment sur le plan environnemental. Dans ce contexte, l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) se révèle un outil clé, mais son application soulève des questions méthodologiques nouvelles : Comment définir une situation de référence à laquelle comparer la performance du modèle ? dans quelle mesure ces évaluations peuvent elles guider les entreprises vers des choix stratégiques, favorisant l’adoption de ces modèles prometteurs ? Cette session propose d’explorer les pratiques d’utilisation de l’ACV pour mesurer les impacts environnementaux — et sociaux — des nouveaux modèles économiques. Nous examinerons également comment cet outil peut accompagner leur déploiement en entreprise. Les abstracts présentant des évaluations abouties et des cas pratiques seront privilégiés, afin d’enrichir les échanges par des exemples tangibles et opérationnels.
L’Analyse de Cycle de Vie joue un rôle central dans l’évaluation de la pertinence environnementale des solutions innovantes. Toutefois, l’une de ses principales limites méthodologiques réside dans la capacité à comparer, dès les phases de recherche et développement, des technologies émergentes avec les technologies actuellement déployées. Un tel exercice est pourtant essentiel afin d’orienter les choix de conception le plus en amont possible du processus de développement. Cette problématique fait l’objet de travaux de recherche récents, notamment à travers le développement de l’ACV prospective, qui vise à anticiper les évolutions potentielles des impacts environnementaux au cours du développement des produits et des technologies. L’objectif de cette session est de mettre en avant les avancées méthodologiques à différents niveaux d’analyse, ainsi que leurs articulations, pour intégrer notamment :
• l’évolution des technologies de production au fil de la montée en TRL, en considérant les écarts entre les environnements de laboratoire et les contextes industriels ;
l’optimisation des chaînes de production lors des phases d’industrialisation, incluant l’augmentation des cadences et les effets d’échelle ;
• la mise sur le marché et les effets de mise en concurrence avec des solutions alternatives et la prise en compte de l’évolution du contexte technologique, économique et réglementaire.
L’Analyse du Cycle de Vie est une méthode normée ISO de référence pour évaluer les impacts environnementaux des produits et services. Cependant, avec un champ d’application se limitant à la dimension environnementale, les défis majeurs liés à la multiplicité d’indicateurs externes (ex : GeoPolRisk) rendent l’interprétation et la prise de décision complexes.
Pour dépasser la première limite, les données collectées pour une ACV peuvent être exploitées pour élargir son périmètre, en intégrant des indicateurs sociaux, économiques ou de gouvernance. Cette extension permet une évaluation plus holistique, alignée sur les enjeux de soutenabilité globale. Pour dépasser la seconde limite, des méthodes comme la pondération (ex : Single score ou limites planétaires) ou les approches multicritères d’aide à la décision (MCDA) (ex : Electre) offrent des pistes pour structurer ces choix, mais leur application reste peu systématisée dans la pratique.
Cette session vise à explorer des développements méthodologiques innovants, ainsi que des cas d’études industriels ou publics, illustrant comment ces outils peuvent être déployés pour surmonter les limites actuelles de l’ACV. L’objectif est double : identifier des solutions concrètes pour enrichir les dimensions d’évaluation et simplifier la prise de décision, tout en renforçant le dialogue entre recherche et pratique. Les échanges permettront de dessiner des perspectives pour une ACV plus intégrative, capable de répondre aux attentes croissantes en matière de soutenabilité, tout en restant opérationnelle pour les acteurs de terrain.
Quelles avancées sectorielles ?
Le secteur de la santé, pilier de la souveraineté nationale et représentant près de 8 % des émissions nationales, entre dans une nouvelle ère. Face aux contraintes climatiques, réglementaires et budgétaires, il ne s’agit plus seulement de mesurer l’empreinte environnementale des produits ou des établissements, mais de repenser l’ensemble du système à travers une approche cycle de vie intégrée. Cette session propose une vision unifiée du management du cycle de vie appliqué à la santé, articulée autour de trois niveaux complémentaires :
Le niveau stratégique : comment intégrer l’ACV dans la gouvernance du secteur, les politiques publiques, les achats hospitaliers et les trajectoires de décarbonation.
Le niveau organisationnel : comment structurer la donnée, piloter la performance environnementale et intégrer les exigences réglementaires émergentes.
Le niveau opérationnel : comment concevoir des parcours de soins soutenables, en arbitrant entre impacts environnementaux, qualité des soins, contraintes économiques et enjeux sociaux.
À travers des retours d’expérience et des cas concrets, la session explorera : la généralisation de l’ACV dans les établissements de santé, l’intégration de la pensée cycle de vie dans la conception des soins, les leviers de transformation à l’échelle des chaînes de valeur (dispositifs médicaux, médicaments, logistique, énergie), les défis méthodologiques et décisionnels propres à un secteur à haute criticité.
Les matières premières minérales et métalliques, qu’elles soient primaires ou secondaires issues du recyclage, jouent un rôle central dans les transitions énergétique, numérique et industrielle. Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, de dépendances d’approvisionnement et de montée en puissance des politiques européennes (CRM Act), la sécurisation d’un accès durable aux ressources nécessite des évaluations environnementales et de criticité robuste, transparentes et opérationnelles. Cette session vise à croiser les approches d’Analyse du Cycle de Vie (ACV), d’évaluation de la criticité et d’aide à la décision afin de mieux caractériser les enjeux environnementaux, techniques et stratégiques associés aux chaînes de valeur des matières premières minérales, de l’extraction à la métallurgie, jusqu’au recyclage et à la circularité. Elle mettra en lumière les défis liés aux données (qualité, résolution, cohérence), aux méthodes (harmonisation, modélisation prospective) et à l’interprétation des résultats pour la prise de décision industrielle et publique. Les contributions pourront porter sur :
– le développement de jeux de données ACV pour les métaux, minéraux, procédés métallurgiques et filières de recyclage ;
– La mise en œuvre conjointe des concepts de criticité, d’accessibilité, de dissipation ou d’épuisement et les évaluations environnementales ;
– des études de cas illustrant l’éco-conception, la décarbonation, la circularité et les stratégies de sécurisation des approvisionnements ;
– des avancées méthodologiques et indicateurs d’aide à la décision, en explicitant leurs apports et limites
L’agriculture, l’alimentation et les produits de la mer sont au cœur d’enjeux environnementaux, économiques et sociétaux majeurs : usage des terres, changement climatique (émissions et stockage du carbone), pressions sur la biodiversité (notamment via les pollutions chimiques), gestion de l’eau, mais aussi souveraineté alimentaire, nutrition et maintien d’activités essentielles pour les territoires. Dans un contexte de mutation des ressources et des chaînes de valeur, la Mobilisation de la pensée cycle de vie (MCV) constitue un cadre pertinent pour caractériser, comparer et anticiper les impacts et performances des filières, du champ (ou de la mer) à l’assiette. Cette session mettra l’accent sur les nouvelles données (plus massives, spécifiques, spatialisées) permettant de mieux représenter la variabilité des systèmes de production et des contextes territoriaux, ainsi que sur les défis méthodologiques associés : multifonctionnalité, allocation, changements d’usage des sols, intégration de dimensions nutritionnelles, biodiversité et socio-économiques. Elle accueillera des contributions présentant des études de cas et des développements méthodologiques en ACV environnementale, Coût du Cycle de Vie (CCV) et Analyse Sociale du Cycle de Vie (ASCV), ainsi que des retours d’expérience sur l’usage de ces résultats pour orienter les filières, les politiques publiques et l’information des consommateurs.
La décarbonation de la mobilité et des systèmes de stockage d’énergie repose sur des choix technologiques majeurs : électrification, batteries, carburants alternatifs, nouvelles infrastructures, optimisation logistique. Mais ces solutions sont-elles réellement soutenables lorsqu’on les analyse sur l’ensemble de leur cycle de vie ?
Cette session explore comment les approches cycle de vie permettent d’éclairer les décisions stratégiques dans les systèmes de mobilité et de stockage, en intégrant :
- les impacts liés aux matières premières critiques et à la fabrication des batteries,
- les enjeux de changement d’échelle et d’industrialisation,
- les arbitrages entre différentes technologies (rail, aviation, maritime, véhicules électriques, carburants alternatifs),
- les effets de seconde vie et de recyclage,
- ainsi que les impacts indirects liés aux infrastructures et aux chaînes logistiques.
Au-delà de la comparaison d’empreintes carbone, il s’agit d’analyser les compromis entre climat, ressources, criticité des matériaux, circularité et résilience des chaînes d’approvisionnement.
L’objectif est de montrer comment le management du cycle de vie peut devenir un outil d’aide à la décision pour orienter les investissements, sécuriser les stratégies industrielles et éviter les transferts d’impacts dans la transition vers une mobilité bas-carbone.
Cette session donnera un bon aperçu de la manière dont l’analyse du cycle de vie est utilisée pour évaluer et innover les produits chimiques et matériaux en ce qui concerne leurs performances en matière de durabilité et comment ils sont cruciaux pour faciliter la transition énergétique et décarbonisation. La session montrera comment les approches et outils du cycle de vie sont utilisés pour développer les produits chimiques à différents niveaux de maturité dans leur parcours vers la productivité et la durabilité des ressources. Une mise en œuvre plus durable signifie ici en particulier une réduction de l’empreinte carbone et d’autres impacts environnementaux, mais couvre également des implications en matière de ressources comme une circularité plus élevée et une moindre criticité des matières premières ainsi que de meilleurs résultats socio-économiques. Un aspect nouveau est l’automatisation de la génération des données et le lien avec la déclaration des gaz d’effets de serre et de la consommation d’eau à niveau organisationnel. La session fournira une plate-forme pour présenter les travaux en relation avec le sujet de la session.
Dans un monde de plus en plus numérique, à la chaîne de valeur complexe et aux impacts environnementaux et sociaux conséquents, il apparaît nécessaire de promouvoir l’éco-socio-conception pour contenir son impact croissant. La démarche est cependant limitée par le manque de données d’impacts transparentes, fiables, à jour et facilement utilisables pour l’ensemble des composants du numérique. Le nombre et la diversité des parties prenantes amont et aval est aussi un frein à l’identification de leviers forts d’amélioration. Sans oublier l’enjeu de l’usage croissant des services numériques qui soulève des questions de souveraineté en ressources matières et énergétiques. Ces manques et questionnements empêchent une prise de décision éclairée des parties prenantes pour un numérique plus soutenable. Cette session vise à échanger autour de l’état de l’art en ACV des composants électroniques et du numérique : des données aux outils, des étapes clés à étudier aux conditions favorables à l’éco-socio-conception. Elle invite la communauté scientifique et industrielle à partager collectivement les retours d’expérience, les verrous rencontrés, les initiatives actuelles et les besoins de développement futurs.
Quelles avancées méthodologiques ?
L’Analyse Sociale du Cycle de Vie (ASCV), récemment normalisée par l’ISO 14075:2024, constitue une méthode clé pour intégrer la dimension sociale dans l’évaluation de la soutenabilité des systèmes, produits et services, notamment dans le cadre des analyses de durabilité du cycle de vie (ADCV).
Cette session propose de rassembler des contributions portant sur les avancées méthodologiques récentes de l’ASCV et de l’ADCV. Les présentations attendues pourront aborder les cadres conceptuels, notamment en termes d’approches d’évaluation, le développement et la sélection des indicateurs sociaux, ainsi que les enjeux liés à la collecte, à la qualité, à la comparabilité et à l’interprétation des données sociales.
La session accueillera également des études de cas illustrant le niveau actuel d’opérationnalisation de l’ASCV et de l’ADCV dans différents contextes. Les échanges entre intervenants et participants permettront enfin d’identifier les limites actuelles, les arbitrages méthodologiques et les besoins de recherche futurs afin de contribuer au développement et à la consolidation de l’ADCV.
La comptabilité du C biogénique est un sujet clef en ACV. Il est exploré dans ISO 14067 et dans PEF, avec des choix qui vont évoluer à l’occasion de la révision d’ISO 14067 conduite en lien avec le GHG Protocol, et la publication en février 2026 de la première nouvelle version des exigences et recommandations pour PEF. Il s’agit dans cette sessions de couvrir les points suivants :
- la vision globale (notamment « attention à la déforestation »),
- les choix méthodologiques pour les calculs des bilans pour tous les usages (fin de vie avec captation, déchets valorisés avec contenu C biogénique… donc aussi transfert entre cycle de vie etc.)
- la comptabilisatoin en fin de vie / stockage du carbone biogénique
- la meilleure prise en compte des ACV (couvrant toutes les origines, notamment forêts et déchets)
- des exemples d’application dans des études, comme les FDES ou ACV comparatives
- les choix PEF (et autres réglementations…) qui auront été annoncés d’ici là, validés progressivement, et dont les conséquences auront été étudiées.
- les choix GHG Protocol et ISO en regard, dans le cadre de la révision ISO 14067.
L’objectif de la sassion est de « confronter » ces éléments, et discuter du nouveau consensus qui émerge, et sera le support clef aux travaux ISO 14067 par exemple afin d’éviter les divergences entre les pratiques d’empreinte carbone.
L’intelligence artificielle (IA) offre des opportunités majeures pour répondre à plusieurs défis bien connus de l’analyse du cycle de vie (ACV), notamment la création de données et l’automatisation de tâches répétitives ou complexes. Toutefois, l’intégration de l’IA en ACV reste émergente et son potentiel pour améliorer la réalisation et la fiabilité des études reste encore peu exploré. Cette session se concentre prioritairement sur les besoins opérationnels et méthodologiques de l’ACV susceptibles d’être traités par l’IA, ainsi que sur les applications concrètes déjà déployées ou en cours de développement.
Les contributions sont principalement attendues sur : l’identification précise des besoins en ACV pour lesquels l’IA apporte une réelle valeur ajoutée, ainsi que les solutions techniques associées ; des retours d’expérience et des cas d’application concrets (méthodes, outils, logiciels) illustrant les gains possibles, les limites et les enjeux d’implémentation de l’IA en ACV. Les développeurs de solutions logicielles sont particulièrement encouragés à contribuer.
En complément, la session est ouverte à des contributions portant sur l’évaluation et la validation de la qualité des résultats générés par l’IA, ainsi que sur les impacts de l’IA sur l’évolution des métiers de l’ACV et les conditions d’une intégration responsable et pertinente de l’IA en ACV.
L’érosion de la biodiversité est un enjeu majeur, au même titre que le climat, et se manifeste par des pressions multiples (changement d’usage des sols, pollutions, pression sur l’eau, fragmentation des habitats, surexploitation, etc.). Les approches d’Analyse du Cycle de Vie (ACV) captent déjà une partie de ces pressions, mais la prise en compte de la biodiversité reste limitée par la complexité du concept, l’absence d’indicateurs pleinement satisfaisants et la nécessité d’approches plus fines et contextualisées. Cette session vise à rassembler les communautés ACV, écologie/sciences de la nature et acteurs des organisations. Ceci afin de discuter des avancées méthodologiques et des retours d’expérience sur l’évaluation des impacts biodiversité et le développement d’empreintes biodiversité pour les produits et les entreprises. Elle abordera notamment les limites conceptuelles et méthodologiques actuelles, la prise en compte de pressions émergentes, ainsi que l’intégration des bénéfices et dépendances via les métriques de services écosystémiques. Les contributions attendues couvriront le développement et l’usage d’indicateurs, leur contextualisation, l’interprétation des résultats et la mise en évidence d’impacts potentiellement positifs. Une attention particulière sera portée aux limites et conditions d’emploi de ces indicateurs.
L’analyse de cycle de vie conséquentielle (ACV-C) fournit un cadre méthodologique rigoureux pour évaluer l’impact environnemental des changements liés à une prise de décision (d’entreprise, de politique publique ou même de consommateur). En prenant compte des fournisseurs marginaux réellement affectés par le changement étudié, l’ACV-C reste un outil fort pour la prise décision encore trop peu mis en avant. Cette session vise à offrir un cadre d’échanges constructif et approfondis sur les dernières applications et les progrès méthodologiques de l’ACV-C. Les secteurs concernés sont multiples, de l’agriculture à la mobilité en passant par la construction, reflétant la diversité des contextes où cette approche peut soutenir la prise de décision. La session accueillera des contributions portant sur les méthodes de modélisation, le couplage entre ACV et modèles économiques, l’analyse systémique incluant les impacts indirects et effets rebond, ainsi que les défis associés aux données, aux incertitudes et à la communication des résultats auprès des décideurs. Les cas d’études soulignant les dimensions évoquées sont bienvenus. Elle s’adresse aux chercheurs, praticiens, industriels et acteurs publics souhaitant s’approfondir ou échanger sur les défis et opportunités liés à l’utilisation de l’ACV-C pour une prise de décision robuste et éclairée des conséquences environnementales.
Dans un contexte où le management du cycle de vie devient un outil central de stratégie, de conformité réglementaire et de pilotage des performances environnementales, il est essentiel de développer des compétences solides et opérationnelles à tous les niveaux de l’organisation.
Cette session explore de manière pragmatique :
Quels savoir-faire clés doivent être maîtrisés par les décideurs, les équipes techniques, les équipes opérationnelles et commerciales
Comment structurer des parcours de formation adaptés (entreprise, université, centre de formation) qui dépassent l’ACV méthodologique pour intégrer les enjeux réglementaires (CSRD, DPP, EPD) et la décision stratégique ;
Les approches pédagogiques efficaces, y compris l’usage de cas concrets, d’outils numériques, d’études de cas sectorielles, et l’intégration de l’IA dans l’apprentissage ;
Les défis aujourd’hui rencontrés (manque de compétences, fragmentation des référentiels, difficultés d’appropriation par les PME) et des pistes d’accélération.
Cette session s’adresse à ceux qui sont impliqués dans la montée en compétences des organisations et des filières, que ce soit par la formation interne, la conception de modules pédagogiques, ou la diffusion des bonnes pratiques.
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) prospective est de plus en plus utilisée pour examiner l’évolution de l’impact des systèmes de production et de consommation. Dans le même temps, les approches d’ACV absolue (AESA) visent à évaluer la compatibilité des impacts environnementaux avec des seuils explicites, tels que les limites planétaires ou des budgets carbone. Toutefois, ces deux cadres restent encore rarement articulés de manière opérationnelle.
Cette session propose de rassembler des contributions méthodologiques portant sur le couplage entre ACV prospective et ACV absolue, afin d’évaluer des scénarios futurs non seulement de manière relative, mais aussi au regard d’objectifs absolus de soutenabilité. Elle vise à discuter des méthodes permettant d’intégrer des seuils (statiques, dynamiques, sectorisés ou régionalisés) dans des évaluations prospectives, de relier scénarios sectoriels et trajectoires globales, et d’expliciter les choix d’allocation ou de partage des contraintes environnementales.
Les présentations pourront porter sur des développements méthodologiques, des cas d’application ou des retours d’expérience, en mettant en lumière les adaptations, compromis, limites et implications pour l’aide à la décision publique et industrielle.
La crédibilité des analyses de cycle de vie repose sur un équilibre entre transparence méthodologique et accès aux données spécifiques, souvent confidentielles. Cet équilibre constitue un frein majeur à la diffusion et l’appropriation des ACV, qu’il s’agisse d’acteurs industriels souhaitant communiquer sur leurs résultats sans exposer leurs données sensibles, ou de pouvoirs publics conduisant des ACV transverses afin de disposer de référentiels robustes et représentatifs des réalités industrielles. Le recours à la revue critique reste relativement rare en ACV, sauf dans des cadres plus stricts comme celui de la FDES, et ne suffit pas toujours à lever les doutes.
Cette session propose de croiser les regards d’acteurs sur les choix méthodologiques et les compromis mis en œuvre pour concilier ces exigences. Elle réunira notamment des pouvoirs publics développant des bases de données de référence (comme l’ADEME avec la base Empreinte), des chercheurs et industriels réalisant des ACV spécifiques à leurs procédés et innovations, ainsi que des fédérations et institutions commanditant des ACV transsectorielles fondées sur des données primaires moyennées et anonymisées.
Les échanges porteront sur la construction de jeux de données anonymisés, la comparabilité des inventaires, et les leviers permettant de renforcer la confiance dans les ACV.
Quelles opportunités de création de valeur avec les normes et réglementations ?
Le Digital Product Passport (DPP) s’impose progressivement comme un pilier des politiques européennes de durabilité, visant la consolidation standardisée de données produits couvrant l’ACV, la circularité, l’énergie, les substances et la conformité réglementaire. En combinant ces dimensions, le DPP transforme profondément les pratiques de structuration, gouvernance et exploitation des données environnementales à l’échelle des portefeuilles produits.
Cette session analyse les principales tensions liées à ce déploiement : génération massive de données fiables sur l’ensemble des références, mise à disposition différenciée B2B et B2C, et responsabilité scientifique et juridique associée à la déclaration, l’actualisation et l’usage des informations. Elle examine le rôle du DPP comme interface entre automatisation, supervision humaine et vérification, garantissant traçabilité des hypothèses, cohérence méthodologique et robustesse des résultats ACV, les Digital Product Passports facilitant l’accès et l’échange d’informations ACV et circulaires (Commission, 2025; LCM 2025).
Les contributions attendues incluent cadres méthodologiques, retours d’expérience industriels et analyses réglementaires. Les chairs s’appuient sur une expertise combinant management de portefeuilles produits, structuration de données multi-critères et intégration stratégique de l’ACV, afin de soutenir la gouvernance et l’exploitation opérationnelle du DPP.
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